Vigo, Timothée continue son aventure

Blog d'étonnement sur la vie à l'espagnole, à Vigo, pendant mon stage de 4 mois à l'université.

jeudi 8 janvier 2009

Venga, hasta luego.

Par faute de temps et de motivation, je clôture ce blog, et mon année à l'étranger par la même occasion (eh oui, avant l'Espagne, j'étais 6 mois en Suède).

Je dois avouer que je n'ai pas été emballé par la Galice comme j'ai pu l'être par le Grand Nord, mais bon, au moins je parle bien l'Espagnol maintenant. Que dis-je "bien", je suis totalement bilingue (trilingue si je considère l'anglais). Dans la rue, les gens ne se doutent pas que je puisse être français avant que je leur montre ma carte d'identité ! Maintenant, il me reste à parfaire mon suédois, et/ou apprendre d'autres langues. Comme ça, je dirais que le portugais serait très facile à apprendre, l'allemand assez utile pour avoir l'esprit bien carré (à moins que ce soit l'inverse), et pourquoi pas l'italien pour emballer des suédoises ; Meuh non, je déconne !

Pourtant, je m'étais persuadé que je m'éclaterais sur la péninsule comme j'ai pu prendre plaisir à vivre à Göteborg. Mais voilà, la mentalité latine ne me correspond pas tant que ça au final. L'Espagne, c'est un peu n'importe quoi par moment. Je m'étais aussi habitué à la qualité de vie scandinave, alors arrivé chez Don Quichotte, on a tendance à revenir au Moyen-Âge ! Evitons de chasser des moulins à vent, et passons aux choses sérieuses.

Pour ne pas trop faire de tortilla à l'Espagne, je vais commencer par les points qui me paraissent négatifs, pour finir par les bonnes choses d'ici-bas.

L'Espagne, j'ai moins aimé car :
- On fume partout et de tout,
- On met la musique trop fort dans les boites,
- On n'y joue pas de métal,
- On paye trop cher internet et le téléphone,
- On y croise trop d'Erasmus !
- Vigo c'est moche !

L'Espagne, j'ai aimé car :
- On mange super bien pour pas cher en Galice,
- On boit super bien pour pas cher,
- On te sert à manger quand t'achète à boire dans les bars,
- On y apprend l'Espagnol facilement,
- On rencontre plein de gens sympas (de tous horizons),
- Les paysages sont à couper le souffle !

Vous l'aurez compris à demi mot. Pour moi ce stage en Espagne a plus été une formalité qu'une réelle expérience humaine. J'y étais bien dans ce nord-ouest de l'Espagne, mais pas assez pour me dire : "J'y reviendrai".

DSCN3195
La siesta, une philosophie de vie.

Hasta luego mis pequeños cabrones. Os agradezco por leerme regularmente. Xiao

Posté par GoteborgSyndrome à 17:12 - Perso - Réactions à chaud [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 16 décembre 2008

Laisse béton !

Aïe, aïe, aïe, il est temps que ce blog se termine (et les jeux de mot pourris avec). Néanmoins, j'essaie de mettre un titre bien à propos.

 

Allez savoir pourquoi, les constructions espagnoles m'ont toujours intrigué. Je parle aussi bien de l'urbanisation en général avec des logements à perte de vue, que des bâtiments tous plus inconventionnels les uns que les autres.
Depuis mon premier voyage en Espagne, à Barcelone en 1999, j'ai toujours eu cette impression de construction perpétuelle. Cette impression passe par la vision de grues florissantes, des blocs de bâtiments en béton inachevés, pleins de petits bonshommes s'affairant autour de bétonneuses. Je me demande même si l'allure du Corte Inglés n'est pas auto-parodique... C'est quand même massif leur édifices !

CORTE_INGLES_CASTELLON

Un grand grand magasin

Dix ans après, me voici à Vigo, toujours avec cette même stupéfaction. Pourquoi donc y-a-til autant d'immeubles poussant comme des champignons sur le sol Espagnol ? Y a-t-il un terrain propice ? L'Espagne a-t-elle bénéficié d'aides de l'Europe ? Y a-t-il plus de monde que le recensement veut bien laisser le croire ?

 

Je vois deux réalités à ces constructions modernes.

 

D'un côté, il me semble qu'il y ait vraiment trop de logements comparé aux demandeurs. Certes certains bâtiments sont d'une vétusté digne de l'ex-URSS, mais quand vous voyez (même dans les petites villes) des cubes de béton à n'en plus finir, ça donne tout autant envie d'y habiter. Admettons qu'il y ait réellement plus de logements que de personnes à loger. Si l'on en croit la loi de "l'offre et de la demande", qui illustre une baisse des prix si l'offre est supérieure à la demande, les espagnols ne devraient pas avoir de difficulté à se loger. Or il n'en est rien. S'il est facile de trouver un appartement, il est plus difficile d'en trouver un qui soit à un prix raisonnable pour un salaire espagnol.

DSCN3516
DSCN3519
DSCN3521

Vues de la Corogne

En revanche, on peut noter un effort esthétique particulier dans les toutes dernières constructions. En effet, je me souviens d'être passé à Burgos et d'avoir été frappé par des immeubles aux couleurs chatoyantes. Il y a bien sûr des constructions qui continuent à être moches, mais je dois avouer que les Espagnol n'ont pas peur de se lancer dans des schémas un peu plus audacieux. Voici quelques exemples, mais pas de Burgos.

DSCN3506

Dans La Corogne (ci dessus)

DSCN3031

Edificio Miralles (Université de Vigo)

S'il y a une urbanisation "industrielle" importante, je remarque aussi que les espagnols sortent du lot en matière de constructions artistiques. On aime ou l'on n'aime pas, mais Gaudí a construit à Barcelone des bâtiments pour le moins atypiques. Inspiré par la nature et ses formes organiques, Gaudí a créé des maisons toutes en courbes ainsi que le fameuse Sagrada Familia (toujours en construction, post-mortem).

LaPedrera_full
La Casa Milá (ou Pedrera)
casa_mila

batllo_techo
La Casa Batllo
casa_batllo

sagrada
La Sagrada Familia (regardez les grues, qu'est-ce que je vous disais ?)
barcelona_gaudi_sagrada

La Galice n'est pas en reste pour les habitations d'un caractère notable. A La Corogne, j'ai pu prendre en photo ces bâtiments aux fenêtres si particulières, destinées à capter le plus de lumière possible. Eh oui, en Galice la pluie est "tout un art" (donc la lumière est précieuse). Je vous laisse donc apprécier le style.

DSCN3505
DSCN3504
DSCN3490

Sur le port de La Corogne

Voilà donc un petit bout d'Espagne, qui change des tapas, du flamenco, de la corrida et des photos "olé olé".

Posté par GoteborgSyndrome à 12:17 - Culture (ou pas) - Réactions à chaud [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

vendredi 12 décembre 2008

¿ Fumar o no fumar ? Esa es la cuestión.

En France je me suis réjoui de la décision d'interdire de fumer dans les lieux publics. En Suède, j'étais enchanté de sortir des bars sans avoir l'odeur de tabac. Mais en Espagne, où que j'aille, je suis entouré de fumeurs.

fumadora

Toi qui aimes la pipe, ne préfèrerais-tu pas "snusser" ?

 

Pourtant, la loi concernant l'interdiction de fumer dans les lieux publics existe bien ici. Elle existe même pour les bars et clubs privés ! Mais pourquoi donc est-ce que je pue autant la clope en rentrant de soirée ?!

 

Tout simplement parce qu'il s'agit d'une loi que je qualifierai de laxiste ! Ajoutez à celà que les fumeurs en Espagne (il n'y a pas que les autochtones qui sont fautifs) n'ont aucune discipline et que la répression est comme inexistante. En effet, s'il est affiché : "Interdit de fumer" dans une boîte, vous pouvez être sûrs que vos poumons vont quand même en prendre un coup. De plus, la concentration de fumeurs est d'autant plus grande que l'espace est confiné et/ou bondé ! A croire que les gens se font plaisir dans un brouillard de monoxide de carbone... Après tout, le masochisme existe bien !

tipalet

"[kof, kof] T'as sûrement des beaux yeux, mais [kof, kok] je vois rien
avec toute la fumée que je t'envoie
[kof] dans la gueule."

 

Mais revenons sur la loi anti-tabac espagnole. Elle stipule que tout lieu public doit être non-fumeur (gares, aéroports, musées, transports en commun, etc.). De même, les établissements privés de plus de 100m^2 sont automatiquement non-fumeurs, à moins d'avoir un espace fumeurs réservé. L'interdiction dans les plus petits établissements est systématique SAUF si le patron décide d'autoriser la fumée dans son établissement. Dans ce cas là, l'autorisation doit être mentionnée clairement à l'entrée. Vous avez bien lu, les patrons autorisent à fumer chez eux (de peur de perdre de la clientèle) !

EEE_SE_PERMITE_FUMAR    Prohibido_fumar

"Thank you for smoking !" "Sorry to forbid your smoking..."

 

Vous imaginez bien que quasiment tous les bars sont fumeurs (je n'en ai vu aucun non-fumeur). Je vous annonce donc mon futur cancer des poumons, qui arrivera sûrement avant ma cirrhose du foie !
De plus, dans les boîtes où il est normalement interdit de fumer (si elle fait plus de 100m^2 sans coin fumeurs), tout le monde fume ! Pourtant ce n'est pas faute d'avoir mis des pancartes d'interdiction en évidence ! Alors oui, la répression existe, parait-il. Seulement imaginez-vous que seule la police peut intervenir, puisque le patron des lieux est déchargé de toute responsabilité à partir du moment où il affiche clairement ce qu'il doit afficher. Autant dire que les policiers ne vont pas s'amuser à venir en boîte pour traquer les fumeurs, sachant que parmis eux, il y en a sûrement qui sont accros à la cigarette !

prohibido_fumar
"Prohibido fumar" selon Quino (l'argentin, créateur de Mafalda)

Résultat :
- je sors très peu, de peur de rentrer avec des vêtements puants,
- quand je sors, je m'arrange pour mettre des fringues sales,
- quand je pues le tabac, je me douche et je change d'habits
- le tabac me fait l'effet inverse des fumeurs : ça me stresse (même quand c'est coupé avec de la beu),
- je suis toujours pas prêt à me mettre à fumer quoi que ce soit (surtout quand je vois le résultat).

viejita_fumadora

"Je fume depuis 70 ans et j'suis toujours pas morte !"

Sur ces mots, je répondrais aux fumeurs qui me disent : "Mais, de toute façon, le cancer du poumon, on n'est pas sûr que la cigarette le provoque." Certes, mais il n'empêche que l'odeur du tabac plus la fumée, c'est le summum du désagréable, et ça, même sans statistique c'est indiscutable ! Moi, mon petit plaisir c'est la bière, Et pourtant je ne vais pas pisser sur vos vêtements quand j'en ai un peu trop bu !

Posté par GoteborgSyndrome à 16:14 - Société (ou pas) - Réactions à chaud [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

mercredi 10 décembre 2008

Une belle image vaut mieux qu'un long discours

Voyez par vous même...

DSCN3446

Vue de Vigo (Samil), depuis Cangas sur l'autre rive de la Ría

Posté par GoteborgSyndrome à 20:31 - Perso - Réactions à chaud [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 9 décembre 2008

Pensez-y !

Pour rappel, je mets régulièrement des nouvelles photos dans les albums existants (indiqués par UPDATE). Je crée aussi de nouveaux albums (indiqués par NEWS).

Ça se passe dans la colonne de gauche !

Posté par GoteborgSyndrome à 12:31 - Réactions à chaud [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 5 décembre 2008

Le Galicien, ça sert à rien

Je vais vous expliquer.

J'adore les langues vivantes, vraiment, mais je tiens à vous faire part de mon point de vue sur celle-là. Là je vais m'attaquer au Galicien en particulier, mais c'est parce que je suis au cœur du sujet. J'aurais sûrement les mêmes réflexions vis-à-vis du Breton, du Catalan, etc.
Bien que les origines du Galicien remontent au Moyen-âge (contre 200 ans seulement pour le Castillan), cette langue n’a, pour moi, plus vraiment d’intérêt à l’heure actuelle.

Rua_dos_cesteiros

"Rue des fabricants de paniers en osier"

1 - La sonorité du Galicien fait « paysan ». C’est de plus la réputation qu’ont les galiciens vis-à-vis du reste de l’Espagne. Je n’ai rien contre les paysans, mais cette image décrédibilise toute lutte d’indépendance pour sa langue et sa région. Un paysan je sais ce que c'est, j'en ai cotoyé pendant toute mon enfance.

2 - Le Galicien est un mélange de portugais et de castillan. Quel est le but ? Juste clamer haut et fort: "On est différents".

3 - Le Galicien n’est pas unifié (plusieurs types dans une même région). Il y a quatre provinces à l’intérieur même de la région autonome de Galice, environ 2,8 millions d’habitants, et aucun Galicien de référence. Chaque village doit avoir son expression, ses mots propres...

4 - La volonté de légitimer la Galice comme état va à contre-sens de l’Europe. Il y a bien le parti politique séparatiste Galicien, le BNG (Bloque Nacionalista Galego), qui existe, mais ses revendications se limitent à prôner le Galicien en Galice et la reconnaissance de la Galice comme un état. Bien sûr, le parti rejette l’Europe, le tourisme, « l’envahisseur » Castillan.

logo_bng

"Si t'es fier d'être Galicien, frappe dans tes mains !"

Vouloir parler Galicien, bien pour ceux qui veulent, mais il serait mieux de ne pas l'imposer aux autres. De toute façon, ceci reste vrai pour toute autre langue régionale. Pourtant c'est ce qui se passe ici : le Galicien est la langue officielle de la Galice. C'est-à-dire que les cours dans les écoles sont en galicien, les échanges parlementaires de la région autonome de Galice sont en Galicien. Au final, il n'y a que les gens dans la rue qui se parlent en Castillan, à part peut être les plus âgés. Le Galicien se parle surtout dans les petits villages.

Une fois je parlais avec une des mes colocataires (Sandra, la plus Galicienne des trois) à propos de son utilisation du dialecte local. Elle présente son doctorat de chimie ... en Galicien. A quoi cela sert-il, à part à la limite à quelques centaines de Galiciens chimistes qui seraient intéressés par son étude ? La science c’est un partage, quelque chose auquel le plus grand nombre devrait pouvoir avoir accès. Ils sont têtus ces Galiciens, on dirait des Bretons ! Moindre mal : son mémoire est en Castillan.

Cette affirmation de différence est pour moi un contrecoup du franquisme, régime totalitaire sous lequel étaient interdites les langues régionales en Espagne. Pourtant, Franco était Galicien, de Ferrol (à côté de la Corogne) ! Voulait-il poursuivre le travail des rois catholiques en uniformisant la langue du pays ? Voulait-il par ce biais là légitimer sa lutte (Hitler l'a bien fait en disant [en substance] qu'il voulait redonner la gloire d'antant à son pays ; quelle gloire ? moi je vois pas).

Galice_drap

Drapeau Galicien (poil aux mains)

Ma réflexion serait superficielle si elle s'arrêtait là. Je viens de vous exposer mon point de vue, mais s'il y a des gens qui revendiquent une langue, c'est qu'il y a une raison. Je veux dire, si l'on supprime les dialectes, que reste-t-il ?

J'entends par supprimer, ne plus les imposer. Tout le monde a bien le droit de parler la langue qu'il veut, mais le but d'une langue n'est-il pas de se faire comprendre ? Une langue minoritaire ne permet pas ça, alors à quoi bon la mettre autant en avant ? L'être humain est, de plus, parfaitement capable d'apprendre au moins deux langues vivantes. Vu la proximité du Galicien avec le Castillan, la tâche ne sera que plus simple.

A partir de quand fait-on la différence entre dialecte et langue ?

J'en discutais l'autre jour avec un Américain originaire de Las Vegas, il s'appelle Timothy (quelle coïncidence). Lui est linguiste et parle couramment Galicien et fait même sa thèse sur la syntaxe de cette langue, actuellement à l'Université de Vigo. Le débat était de connaitre la définition d'une langue. Après tout, Italien, Français, Espagnol et Portugais sont peut-être seulement des dialectes issus du Latin ? Regardez les langues nordiques (Danois, Norvégien, Suédois), elles pourraient être considérées comme des dialectes. La preuve, regardez les notices d'appareils électriques : il n'y a qu'une seule et unique description pour les trois langues !

a_ria_non_se_vende  cartelvi  octabilla_manifestacion_2

Affiches de propagande
(contre l'autoroute, contre le tourisme, contre le commerce intensif, contre les galiciens qui ne sont pas de Vigo...)


Qui sont ceux qui revendiquent le Galicien ?

A vrai dire, je n'ai croisé aucun nationaliste jusque là. Ce sont surtout des affiches qui reflètent cette apartenance. Mais là encore, s'il y a manifestation nationaliste, il faut rassembler les dizaines d'associations pro Galicienne qui existent dans la province de Pontevedra. Vous avez bien lu : la bataille ne se fait même pas au niveau de la région, mais au niveau vraiment local de la province !

En conclusion :

Il y a bien un mouvement nationaliste Galicien, mais sa grogne ne se limite qu'à des manifestations. Manifestations qui sont d'ailleurs d'autant plus ridicules qu'elles sont nombreuses, sur des sujets à chaque fois connexes. Personnellement, pour avoir passé 4 mois en Galice, avoir discuté avec beaucoup de monde de ce sujet, je ne peux pas dire que ce mouvement nationaliste soit suivi par l'ensemble de la population, loin de là.

La culture celte est celle qui transpire le plus ici, et donne à mon avis aux Galiciens un sentiment d'apartenance plus fort à leur région. Le club de foot de la ville s'appelle d'ailleurs le Celta Vigo. Dans les bars on assiste parfois à des concerts improvisés de cornemuse, tambour, vielle et flutiau. Les airs sont entonnés par tous les convives, et l'on danse sur des pas traditionnels. De plus, les alentours regorgent de vestiges celtes et villages d'irréductibles galiciens. Comment ne pas se sentir proche d'un peuple qui au final fait comme Astérix contre les romains ?

belenix

Dieu "celtix" du soleil

Posté par GoteborgSyndrome à 16:04 - Culture (ou pas) - Réactions à chaud [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

lundi 1 décembre 2008

"Come, no sabes quién te comerá !"

Il m'est arrivé un truc pas banal l'autre jour, il faut que je vous raconte. Tout d'abord, je vous plante le décor:

Sandra, ma coloc doctorante en Chimie, a soutenu jeudi dernier et a obtenu un 9,5/10 !!! La fête s'annonçait d'autant plus énorme qu'elle avait réduit sérieusement ses heures de sommeil durant tout le mois qui venait de s'écouler.
Quoiqu'il arrive, sa mère devait venir pour célébrer la fin d'études de sa fille. Ce que je ne savais pas, c'est que la maman en question débarquerait avec sa sœur ainsi que la marraine de Sandra ! D'un coup je me suis retrouvé avec 8 galiciens dans l'appart (Sandra, ces trois dames, Cristina et son mec, Francisco et sa copine). Le dépaysement total...

DSCN3435
Au débouchage de bouteille, Sandra !

Nous a rejoint pour la cena, Sonia, une bonne amie de notre nouvelle diplômée. Ce qui fait, si vous avez bien suivi, une tablée de 10 personnes ... dans une cuisine de 9 mètres carrés !!! Le repas était prêt, je le savais, de ma chambre ça sentait déjà bon. Il est 22h30, on commence à servir l'apéritif. On n'est pas couchés !

Quand j'ai vu le plat de viande arriver sur la table, je me suis demandé si j'aurais pas mieux fait d'inviter Benoit et sa coloc pour nous aider à finir ! Et ça commence alors à parler fort, très fort, à l'espagnole. Tout le monde est content, alors on boit, on trinque et l'on entame le repas. Madre mia ! Mais y'a vraiment à manger pour un régiment ici !

La mère de Sandra mène la danse et s'assure de ne laisser aucune assiette vide en resservant chaque convive autant de fois qu'il le faudra. C'était comme dans les légendes, la corne d'abondance, vous savez, ou encore comme au Valhalla à la table d'Odin : de la nourriture à profusion, dont la source est inépuisable.

J'ai pas trop l'habitude de manger de viande le soir, mais pour une fois je me suis dit que je pourrais faire entorse à la règle. C'est de la bonne viande galicienne, du veau élevé en plein air. Ceux qui me connaissent savent qu'il vaut mieux m'avoir en photo qu'en pension, ils ne seront donc pas surpris de savoir que la première part de viande équivalait à un steak de 250g, facilement. Je dis première part, car j'ai eu le malheur de la finir. Les lois de la nature sont ce qu'elles sont, "un vide tend toujours à être comblé" (je fais allusion à mon assiette, là, pas à mon ventre) : me voilà resservi avec ... un demi veau dans mon assiette ! Je suis poli alors je continue à jouer de la fourchette, mais je vois bien que mes amis galiciens sont déjà habitués au rituel : ils n'ont pas fini leur assiette exprès. Je continue quand même à manger ... jusqu'à la dernière bouchée. Il faut dire qu'il a fallu les éponger ces 3 ou 4 verres de vin !

DSCN3436
De gauche à droite :
Sonia, Hadrien, Cristina, Sandra, les trois dames, et moi (derrière).
Francisco et sa copine sont arrivés un peu plus tard.

Arrive l'heure du fromage. On entame le troisième gros pain de campagne ; on ressert tout le monde en vin (ou en vain, c'est selon).

Hips !!! Ça commence sérieusement à brasser dans le cimetière à poulets.

Je ne sais pas pour vous, mais le fromage a cela de mystérieux, qu'on ne prend jamais la quantité de pain adéquate. Soit on se retrouve avec un peu de mie qui reste, soit une lichette de fromage dans la main. Ceci m'est encore arrivé l'autre soir. J'ai continué à mettre mon estomac à rude épreuve, car il m'a fallu reprendre du pain pour finir la part gargantuesque de fromage qu'on m'avait servie. Malheur, on me donne une tranche de pain énorme. Que faire ? M'arranger pour finir tout en même temps (avec des petites bouchées de fromage et grandes bouchées de pain) ? Ça va être un peu sec, ce peu de fromage avec un gros morceau de pain. J'hésite alors sur la tournure à donner à mon repas, sachant qu'il y a sûrement quelque chose après. Il faut que je m'arrête là, j'ai largement eu ma dose de protéines pour le mois.

Ça ne rate pas. Alors que je commençais à respirer de nouveau, la coupe à fruits d'une taille inavouable arrive sur la table. Ça devrait pourtant faire couler un peu. A peine cette pensée arrivée à mon esprit, voici que trois clémentines atterrissent directement dans mon assiette sans crier gare. Trois ?!! Et pourquoi pas la coupe tant que vous y êtes !!! Ceci n'achèvera pourtant pas mon repas. La pousse d'épine ramenée de chez mes parents servira de digestif : il fallait au moins ça pour dissoudre mon dîner et amorcer une digestion sereine. Il est minuit, je suis repus.

Peut-être voulaient-ils me manger pour noël, peut-être me trouvaient-ils maigrichon (la bonne blague !), toujours est-il que je peux aller en soirée, maintenant. Avec ce que je viens d'engloutir, même l'alcool le plus fort ne me tournera pas la tête.

Posté par GoteborgSyndrome à 18:04 - Perso - Réactions à chaud [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 29 novembre 2008

La foi moderne, ou comment prier Jésus sans être "has been".

Si le Vatican a des pièces à l'effigie de Jean-Paul II, l'Espagne a des pièces de 1, 2 et 5 centimes avec la cathédrale de Santiago de Compostela dessus. Pour ceux qui ne savent pas, je parle ici de Saint Jacques de Compostelle, qui est le 3ème lieu saint le plus visité au monde après Jérusalem et la Mecque. C'est pas mal pour un bled où il y a juste un peu plus de 100 000 habitants ! En effet, chaque année, ce sont 3 millions de pèlerins qui viennent embrasser Saint Jacques (6 millions de pèlerins lors d'années saintes : les années où le 25 juillet tombe un dimanche). Rendez-vous compte : 3 millions, c'est plus que le nombre d'habitants de la Galice et environ 9% de la population espagnole !!!

DSCN3280
Cathédrale de Saint Jacques. Y'avait pas un pèlerin !

C'est un fait, l'Espagne est toujours un pays aussi catholique, bien que le nombre de fidèles soit en déclin, comme un peu partout, j'ai envie de dire. J'ai donc testé pour vous : La religion aujourd'hui, ou comment être cool quand on va poser un cierge.

DSCN3289
"Même si t'en n'a rien à cirer des bougies, viens faire un tour chez Marie !"

 

Bah oui, je sais pas pour vous, mais à chaque fois que je rentre dans une église, je fais dangereusement baisser la moyenne d'âge. De plus, je suis agnostique (et non baptisé), ce qui ne m'aide pas à me mettre à genoux à faire le signe de croix. D'ailleurs je ne fais rien de cela : si je vais dans les églises et autres lieux du genre, c'est seulement pour admirer l'architecture. Et puis de toute façon, s'il y a paradis et enfer, je suis cramé pour monter sagement au ciel, donc je ne pratique pas (et puis je sais toujours pas faire un signe de croix, au cas où l'on me demanderait).

tourisme_le_cimetiere_americain_de_colleville_16541
C'est quoi cette lettre "T" répétée à intervalles réguliers ?

 

Mais revenons à nos tartes aux amandes (spécialité de Santiago), mes bien chers "frateritos y frateritas". La religion, la foi, les lieux de cultes, les curés et autres ne sont plus aussi vieux jeu que ce qu'ils pouvaient l'être.

 

Que les frileux se rassurent, sachez maintenant que les églises sont chauffées. A l'inverse des salles de classe, les points de chauffe se situent près de l'autel (c'est à dire près du prof de l'évêque ou du curé). En effet, approchez-vous de Dieu, et vous aurez droit à 10/20 Kelvins.

HolyGrail049
"Ça va comme ça, ou je chauffe un peu plus ?"

A Santiago, j'ai même vu des téléphones à l'intérieur de la Cathédrale. Je vous laisse deviner quelle a été ma première pensée en voyant cette alignée de combinés. Je sais que je suis un mécréant, mais l'opportunité était trop belle pour ne pas l'immortaliser en photo. Bien sûr qu'en réalité, au bout du fil vous n'aurez qu'un guide touristique, mais bon, on ne sait jamais. Un jour arrivera-t-on peut-être à joindre le tout puissant sur un numéro vert ?!

DSCN3297
Pour Saint Pierre, faites le 1, pour Dieu, dites : "Amen", pour Satan, faites le 666.

Si le filaire ne suffisait pas pour répandre la sainte parole, certains petits malins se sont empressés d'acquérir leur mobile. Après on se demande où va l'argent de la paroisse. J'ai la réponse à cette question : dans les forfaits "Semaine sainte, Pentecôte et Ascension", qui coûtent sacrément cher en Espagne.

DSCN3302
"Oui, Jacquot ? Le dossier sur les curés pédophiles, on étouffe l'affaire, hein ?"

Les religieux n'ont pas pu résister à l'appel de l'Évangile du haut débit, le Psaume du 8 Méga, le Peer-2-Peer avec Dieu ! Je viens de trouver pour vous un site rassemblant toutes les nouvelles religieuses d'Espagne et du monde. C'est en espagnol, mais Religión Digital vaut le détour. Je vous conseille d'aller jeter un œil sur les suggestions de blogs (en bas à gauche du site précédemment cité).

 

Voici le blog d'un curé croate qui affirme, selon le site espagnol "La Flecha", être le premier à gérer sa paroisse à l'aide d'un blog. Voici le lien : http://angelo1.blog.hr/. C'est en croate, alors je suis dans l'incapacité de vérifier s'il s'agit vraiment d'un curé, mais je pense que c'est possible. Il y a bien un curé que j'avais vu dans un reportage à la télé française, qui écoutait du AC / DC. Enfin, il arrive même que les codes vestimentaires religieux soient bousculés à des fins ... pas très catholiques !

Bonne_Soeur
Vous me ferez 2 "Ave Maria" et 3 "Pater Noster",
sinon j'enlève rien du tout, petits coquinous !

Imaginez si les mamies se mettaient un peu plus à cliquer, elle pourraient vraiment remercier Dieu de participer à la guérison de leur arthrose. Moi je m'adresse aux jeunes, et je leur lance un slogan accrocheur : "Taper la bise à Saint Jacques, y'a pas à dire, ça claque !". Ne me remerciez pas, mais remarquez que je ne prêche pas ici pour ma paroisse !

Soeurs_au_bar
A la vôtre mes soeurs !

Petite blagounette pour finir. Eh oui, je pense que Jésus, s'il a existé, aimait l'humour (enfin j'espère). Cette image cache une expression française, saurez-vous retrouver laquelle (mettez vos réponses en commentaires) ?

Bitefaitpasmoine
Je vous l'accorde, elle est un peu capillotractée...

Posté par GoteborgSyndrome à 14:37 - Culture (ou pas) - Réactions à chaud [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

mercredi 26 novembre 2008

La huelga

On croyait tous que les français avaient le monopole du mouvement de grève, la preuve est faite que non. Depuis 1 semaine et demie, les agents d'entretien d'une des 4 provinces de Galice, Pontevedra sont en grève (remarquez que la grève est circonscrite à une province seulement, c'en est ridicule). Pour les revendications, je vous passe les détails : "On veut gagner plus d'argent !!!".

DSCN3429
Grève de l'entretien, ou lendemain de soirée étudiante ?


Concrètement ça veut dire : toilettes fermées dans tous les bâtiments, papiers partout par terre, poubelles qui dégueulent leurs ordures, etc. S'il y a autant de papiers sur le sol, c'est que les manifestants les y ont mis. Quand je suis arrivé à l'université le lundi 17 novembre au matin, un cortège munis de sacs poubelle remplis de journaux déchiquetés jetait du papier partout où il pouvait ; la police munie de pas moins d'une dizaine d'estafettes veillait au grain.

Ce matin, autre défilé à l'université. Des sifflets, des klaxons, des slogans revendicateurs. Toujours des sacs poubelles contenant du papier en lambeau. Ceux qui avaient besoin de recharger en munitions se servaient des feuilles mortes qui jonchent les pelouses du campus. Pitoyable. En fait, l'idée, c'était de nettoyer le dehors pour pourrir les intérieurs. Il ne manquerait plus que les cantonniers nous prennent le mobilier de classe pour le mettre sur les pelouses !


Voici l'état de mon université au jour où j'écris :

DSCN3430
Sur le chemin des cours,

DSCN3431
...la désolation.

Posté par GoteborgSyndrome à 19:34 - Université - Réactions à chaud [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

mardi 25 novembre 2008

"Sin chicas no hay paraíso"

"Femmes, je vous aime", chanterait mielleusement Julien Clerc. "Muy bonita señorita hey !" dirait le faux macho Rico Chico (aka. Stéphane Rousseau).

Tandis que Gainsbourg se contenterait d'un délicieusement goujat : "I want to fuck you !"

Ce soir, devant la petite lucarne j'ai eu un éclair de lucidité me poussant à parler des filles espagnoles. Mon titre de post fait référence à une série espagnole adaptée d'une la série éponyme colombienne qui passe sur Telecinco (la télé poubelle disent les espagnols, mais ils regardent tous) : "Sin tetas no hay paraíso". Cette série est à la base une adaptation télé d'un best seller de Gustavo Bolívar Moreno. Le titre signifie "Sans nichons il n'y a pas de paradis". Au départ, c'est l'histoire de Catalina (Amaía Salamanca), une jeune fille complexée par son manque de poitrine. Jusque là, on peut comprendre. Tout fout le camp quand elle retrouve son voisin d'enfance Rafael Duque ("El Duque"), un brun ténébreux tombé dans le trafic de drogues (pour avoir été dénigré par sa mère au profit de son frère ainé). De fil en aiguille, les deux personnages vont finir par se mettre ensemble, précipitant ensuite Catalina dans la prostitution. Pour pouvoir "mieux s'en sortir" dans la vie, elle aura recours à la chirurgie esthétique. Cependant, cela ne la sauvera pas des drogues ni des histoires de meurtre et de vengeance...

Titty_Telenovela
"Combien es-tu prêt à payer pour le paradis ?"

Entre en scène aussi dans cette série Jessica, une fille qui devient l'amie de Catalina, interprétée par María Castro Jato. Cette actrice espagnole est de  ... Vigo ! Eh oui, elle contribue à la fierté du coin, du moins auprès des galiciens qui regardent la série. C'est la jolie rousse que l'on voit en arrière plan de l'image ci-dessus.

Tout ceci m'amène à dire un petit mot sur les filles d'ici : perso, soit elles sont vraiment jolies, soit elles ne le sont pas du tout mais alors pas du tout. Les françaises quand à elles, ont une beauté beaucoup plus subtile, qu'il faudra savoir appréhender avec le temps. Pourquoi ? Parce que les françaises ont du charme ! Ce n'est pas que les espagnoles en aient pas de charme, mais il y a ce côté "m'as-tu vu" qui ne cadre pas avec ma vision personnelle des choses.

Pour revenir à la série, je ferais un commentaire plus général, sur la façon de faire des espagnols. Pour moi il n'y a qu'une seule Espagne, mais dans laquelle cohabitent vraiment tous types de personnes. Je suis impressionné de voir comment l'Espagne, qui d'un côté est catholique, un brun conservatrice, produit des films crus, thrash et iconoclastes ! Je viens de vous parler de cette série, mais si vous pensez aux films de Pedro Almodóvar, là aussi il y a peu de place pour les valeurs traditionalistes. Mieux encore, le mariage homosexuel a été autorisé bien avant qu'en France, ici. Quid de la dépénalisation du cannabis ? La aussi l'Espagne a franchi le pas avant la France. Enfin, qui peut me citer des artistes hautement reconnus et plus débridés que Picasso, Dalí et Gaudí ?

persistencia
"Montres molles" de Salvador Dalí

Pour moi, l'Espagne ça reste un joyeux bordel, qui tient la route malgré tout, qui malgré son retard sur les hautes technologies, a une longueur d'avance du point de vue de l'évolution des mentalités. Sur la péninsule, la vie est cool, et c'est tant mieux.

Posté par GoteborgSyndrome à 17:16 - Culture (ou pas) - Réactions à chaud [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,



Page suivante »